Avant de vous parler de mon expérience en tant que « consom’acteur » avec des éléments factuels chiffrés, il me semble important de vous faire part de la chronologie du cas de notre ménage pilote. Je suis propriétaire d’une maison située dans un quartier de 7 villas contiguës qui a été construite en 1989, année où le tout électrique était la norme, voire la solution idéale recommandée. Ainsi des quartiers entiers à Penthalaz sont dans notre situation.

L’habitation est sur 3 niveaux et le chauffage électrique, résistance au sol coulée dans la chape. Il est direct pour le salon et 2 salles de bain, alors que les 4 chambres utilisent des convecteurs électriques. La surface habitable est de 114 m2 et le chauffage électrique alimente également le boiler d’eau chaude (500 l). La toiture est entièrement en structure plate.

Notre dilemme, et par voie de conséquence notre objectif, devaient compter sur les éléments suivants :

  1. éviter de perdre la plus-value de la maison (en cas de revente ou de succession à nos enfants).
  2. impossibilité d’introduire une solution pompe à chaleur au vu du coût de Fr. 140'000.- et lourds travaux y relatifs, sachant que nous serons à la retraite dans 10 ans !!   
  3. trouver des solutions alternatives à l’épée de Damoclès représentée par la loi en cours d’élaboration dans le canton de Vaud visant à interdire les chauffages électriques d’ici 2025.

Cette loi ne toucherait toutefois pas les propriétaires qui :

  1. utilisent une énergie alternative renouvelable.
  2. qui peuvent prouver que le 50% de l’énergie utilisée (chauffage et eau chaude, appareils électriques exclus) provient d’une source autre que l’électrique.

Partant de cette hypothèse, deux possibilités s’offraient à nous : se résigner à vendre notre bien avec une perte de l’ordre de Fr. 100'000.- ou attendre de connaître le résultat des débats devant avoir lieu au Grand Conseil Vaudois, sachant que notre conseillère d’Etat en charge de ce dicastère, Madame De Quattro, est anti chauffage électrique à 300% !! Ayant pour leitmotiv de ne jamais céder à la panique et à la vindicte politique, nous avons jugé plus opportun de considérer notre délicate situation.

Afin de palier à ce premier écueil, nous nous sommes inscrits à l’association Choc électrique de grandir les rangs des propriétaires qui se sentent grugés et ainsi faire valoir nos droits en qualité de propriétaires et citoyens pour lesquels cette loi est antisociale.

Cette première initiative étant réalisée, le parcours du combattant peut enfin commencer. Mais par quel bout ?

  • se conformer aux normes Minergie (cela consiste en quoi au juste et est-ce réalisable pour une maison construite il y a plus de 24 ans ?)
  • réaliser une analyse de l’enveloppe du bâtiment et des toits plats
  • changer toutes les fenêtres (4 grandes dans les chambres et 1 grande double pour le séjour)
  • refaire toute l’isolation des façades
  • faire une analyse complète de l’habitation afin de déterminer les divers coefficients énergétiques des murs, façades, fenêtres, des toits plats.

Stop ! N’en jetez plus et la liste est loin d’être exhaustive. Toutefois, avant de vous faire part de l’approche thématique retenue (qui sera l’objet de l’article suivant), ayez à l’esprit les faits suivants afin de mieux suivre notre stratégie: nous utilisons au maximum les périodes dites creuses pour mettre en route les machine à laver le linge et la vaisselle, le sèche-linge (tarif HC selon Romande Energie = de 22h00 à 6h00. Consultez votre facture, les tarifs sont très explicites. Pour plus de précision: www.romande-energie.ch ).

Notre ménage consomme 14'400 Kwh par an pour un coût global, tout compris, de Fr. 2'900.-/an versé à notre fournisseur d’électricité. 70% (10'080 Kwh) sont facturés au tarif HC et 30 %  (4'320 Kwh) sont facturés au tarif HP. En résumé, notre coût est de Fr. 0.20 le Kwh.

Gardons bien à l’esprit ces éléments de base qui nous servirons dans les 2 prochains articles. Ces derniers vont décrire l’approche faite dans notre situation ainsi que les solutions pratiques mises en œuvre.