Afin de vous inspirer dans vos prochains travaux ou construction de maison, DÉCLICS s’est rendu à la Tour-de-Peilz. C’est ici que vivent Françoise et Olivier Guisan dans leur maison écologique, la Clé de Sol, ou plutôt une maison bioclimatique* qui leur permet de vivre mieux, même beaucoup mieux, en consommant dix fois moins d’énergie.

Olivier Guisan, physicien nucléaire, eu un jour le déclic : « Je ne peux pas continuer à vivre ainsi, le nucléaire n’est pas la bonne solution pour notre planète ». C’est ainsi qu’il consacra le reste de sa carrière à la recherche sur l’optimisation du chauffage de l’habitat grâce au solaire. De fils en aiguilles, lui et sa femme, Françoise, se construisirent de solides connaissances dans le domaine de l’habitat bioclimatique et pensèrent ensemble leur maison écologique. Ce projet vit le jour en 1999 avec la collaboration de l'architecte Gilles Bellman après 18 mois de travaux.

Nous avons disséqué pour vous cette maison afin que vous puissiez tirer le meilleur de cette expérience et avoir enfin toutes les cartes en main pour penser votre propre habitat écologique.

Structure et forme

  • Cette maison a été conçue en arc de cercle sur 3 étages, avec de grandes baies vitrées laissant ainsi pénétrer les rayons du soleil du matin au soir, hiver comme été.
  • L’ossature, les parois et la dalle inter-étage sont en bois.
  • L’isolation est en laine minérale.
  • Pour le reste, ils ont eu recours à des matériaux naturels et non toxiques (bois, pierre, terre séchée, etc.) jusqu’aux interrupteurs en bois !

Dimensions

  • Surface au sol : environ 250 m2
  • Volume : environ 1’600 m3 dont 60% d’habitation/ateliers, 25% de stockage et 15% de serres.

Gestion de la lumière

  • Sa forme permettant de suivre la course du soleil et ses larges ouvertures rendent possible une luminosité suffisante en continu.
  • Même l’escalier que l’on pourrait penser obscur, caché au centre de ce demi-cercle, est en fait un puits de lumière grâce à une ouverture sur le toit, un sol transparent dans les étages et des portes coulissantes vitrées.

Toilettes sèches

ComposteurNombreuses sont les idées reçues non fondée à ce sujet. Le fait est que beaucoup de ces idées sont fausses, et on pourrait même ajouter que des toilettes sèches c’est plutôt une foule d’avantages :

  • pas d’eau,
  • pas d’odeurs grâce à un système de ventilation,
  • un conduit d’évacuations des excréments directement vers le compost qui se trouve au rez-de-chaussée et dont on récupère l’humus fertile une fois par an.

Le saviez-vous ?

Les chasses d'eau représentent 31% de la consommation des ménages en eau et constituent de loin le facteur de consommation le plus important.

Gestion de l’eau

L’eau de pluie est captée, filtrée et stockée dans un réservoir de 9'000 L.  Cette eau est utilisée pour tous les usages, l'eau du réseau de ville ne sert qu'aux lavages (voitures ou autres) et à l'arrosage occasionnel.

Ensuite, les eaux usées (douche et vaisselle) sont évacuées vers une station d’épuration naturelle. La filtration s’effectue par lagunage avec plantes (filtre à sable)

NB : Seuls des produits corporels et d’entretien respectueux de l’environnement sont utilisés.

 

Gestion de la chaleur

Le premier réflexe est de penser à séparer les pièces de vie du reste de la maison, ainsi la chaleur reste là où on en a besoin.

Pour le chauffage, seuls le soleil et le bois sont utilisés.

  • Une serre donnant sur deux étages capte la chaleur du soleil.
  • Des panneaux solaires thermiques avec thermosiphon** chauffent l’eau du stock (4'000 L). La circulation de l’eau se fait alors naturellement, pas besoin de pompe car l’eau chaude étant plus légère que l’eau froide. Ce stock chauffe l’eau sanitaire, mais aussi les radiateurs à eau.
  • Les pièces à vivre sont situées à l’étage central, ainsi l’hiver, seul cet étage est chauffé par une chaudière à bois et les radiateurs à eau chaude. La chaleur est conservée grâce aux pièces de stockage et les autres étages qui isolent de l’extérieur.
  • Les pièces du bas sont des ateliers qui sont chauffés selon les besoins par de petits poêles à bois d’appoint.

L’été, les serres sont protégées par des plantes grimpantes au feuillage caduc qui limite la diffusion de chaleur à l’intérieur. De plus, un système astucieux anti-surchauffe permet l’ouverture automatique de panneaux au sommet des serres grâce à des pistons activés par un fluide qui a pour propriété de se dilater à une température fixe (ajustable).

L’air est renouvelé grâce à un système de ventilation double flux à récupération de chaleur. L’air vicié est éliminé mais sa chaleur conservée. Ainsi ce système assure une partie du chauffage en hiver et fait office de climatisation en été.

Electricité

Encore une fois, c’est le soleil qui entre en jeu grâce aux 30 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur le toit. L’électricité ainsi produite est utilisée en journée et l’excédent est renvoyé et vendue au réseau qui fournit l’énergie utile en l’absence de soleil.

Coût

Cette maison était à l’époque 10 à 15% plus chère qu’une maison dite « classique » car c’est une maison « prototype ». L’architecture ronde, ainsi que le choix de matériaux écolos et naturels a engendré des surcoûts.

L’aspect économique se ressent au fil des ans grâce au fonctionnement peu énergivore. Voici quelques chiffres qui finiront de vous convaincre :

  • Facture annuelle d’électricité : environ CHF 400.-/an dont près de 50% de charges fixes (taxes, réseau, compteurs...) (NB : facture d’électricité moyenne suisse pour 2 personnes dans une maison équivalente : plus de CHF 900.-/an.)
  • Facture annuelle d’eau : environ CHF 200.-/an
  • Prix de construction de la station d’épuration : CHF 30'000 mais aucune usure dans le temps.
  • Retraitement des eaux usées : CHF 0.00/an (NB : économie de la taxe que l’on doit payer à la collectivité : CHF 1’000/an).
  • Coupe du bois (travail) : environ CHF 1000.-/an


Conclusion

Cette maison est la parfaite illustration du fait que l’on peut vivre dans le respect de l’environnement sans renoncer au confort. Elle a été pensée de façon réfléchie : pleine d’idées simples, malignes, fonctionnelles et économiques.

C’est avec ce genre d’idées et de convictions que les mentalités changeront et que notre planète restera un espace agréable de vie pour les générations futures.

Si vous voulez en savoir plus, nous vous conseillons d’aller rencontrer ce couple plein d’astuces. Ils accueillent les curieux quelques mardis par année, de 15h à 19h sur rendez-vous. Consultez leur site pour connaître les dates précises (rubrique « complément d’information »).

 

* Une maison bioclimatique est un bâtiment adapté au climat et à l'environnement dans lequel on souhaite l'insérer. Sa conception favorise les apports solaires passifs et limite les déperditions de chauffage habituelles mais aussi les déperditions thermiques liées à une exposition inutile aux intempéries. Elle est construite avec des matériaux locaux.

** Circulation naturelle d'un liquide dans une installation du fait de la variation de sa masse volumique. Dans un chauffe-eau solaire en thermosiphon, le liquide caloporteur réchauffé dans les capteurs solaires se dilate, et, plus léger, monte vers le ballon de stockage. Il est remplacé par le liquide refroidi descendant du ballon.

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